Ecoutez l'entrevue de ce matin (2016/09/07) lors de l'émission de Tony Marinaro de Montréal 690 : Solving Soccer Canada's Problems
Tony Marinaro speaks with former Impact player Sandro Grande and Sanjeev Parmar from Futuro soccer academy in Ottawa about Soccer Canada.
http://www.tsn.ca/radio/montreal-690/marinaro-solving-soccer-canada-s-problems-1.562442

 
 
 

À Lire  

Sandro Grande .... TOUT POUR LE FOOT

 
dans la revue: STYLE MAGAZINE
 
 


Les Étoiles montantes de Sandro Grande
de Marc Tougas  REVUE LA 90ième MINUTE  10 SEPTEMBRE 2015

Le travail entrepris par Sandro Grande à titre de directeur technique des Étoiles de l'Est, il y a un peu plus de quatre ans, commence à déboucher sur des résultats concrets : le club lavallois a vu deux de ses équipes s'imposer à la Coupe du Québec au cours du week-end.
Même si la Coupe du Québec ne mène pas aux championnats canadiens des clubs cette année – ce sont les champions de saison de la LSEQ qui iront sur la scène nationale –, les titres provinciaux décrochés par les équipes masculines U-15 et U-16 des Étoiles de l'Est sont valorisants, puisque ce tournoi organisé par la Fédération de soccer du Québec et commandité depuis des lunes par Saputo demeure prestigieux.

Mais d'abord et avant tout, ces titres sont des signes de la qualité du travail qui a été fait ces dernières années chez les Étoiles de l'Est, alors que Grande, ancien milieu de terrain de l'Impact qui a passé la plus grande partie de sa carrière de joueur professionnel en Europe, notamment en Italie, a cherché à instaurer une philosophie de club.

Une véritable philosophie, s'entend. Claire et assumée, et non une pâle copie aux contours mystérieux, comme ça semble être le cas au sein d'un club professionnel qui évolue près de chez nous.

«(Les Étoiles de l'Est), c'était un club récréatif avant, alors on partait de loin, a souligné Grande au cours d'un entretien avec La 90e minute. La Coupe du Québec, c'est important parce que ça permet de montrer le travail qu'on est en train de faire dans notre club.
«Quand je suis arrivé, il y avait beaucoup de choses à changer, surtout la mentalité des gens. Je les ai convaincus de me suivre à mille pour cent.»

Grande a commencé par remplacer les parents qui faisaient office d'instructeurs en mettant en place des entraîneurs qui font ce travail par vocation – et qui, surtout, ont suivi une formation pour ce faire.
«Les parents donnent beaucoup de leur temps mais malheureusement, parfois, c'est par intérêt (personnel) qu'ils donnent du temps à leur équipe, a noté Grande. Il faut aussi reconnaître que beaucoup de parents ne sont pas qualifiés pour diriger des jeunes.

«Je fais toujours la comparaison avec l'école. Les parents laisseraient-ils des gens sans formation enseigner à leurs enfants? Je pense que non. Malheureusement, c'est ce qu'on fait trop souvent au foot.»
Grande a donc mis en place des coachs qualifiés, en mettant d'abord l'emphase sur les plus jeunes du club. Le gros du travail de développement des joueurs se fait entre les âges de sept et 12 ans, fait-il remarquer, alors c'est pourquoi il a d'abord cherché à travailler avec les joueurs U-9 à U-12 chez les Étoiles de l'Est à ses débuts avec le club.

Et c'est cette génération de joueurs qui commence à poindre à l'horizon, en évoluant au niveau AAA et, le week-end dernier, en raflant tout à la Coupe du Québec chez les U-15 et U-16.

UNE VISION CLAIRE

C'est aussi en instaurant des principes de jeu clairs que Grande a contribué à relever le niveau de tout le monde au sein du club, grâce à l'appui des dirigeants du club et au bon travail des entraîneurs qui ont été embauchés.
«On suit un programme et tous les coachs le suivent, a souligné Grande. Peut-être que c'est bien, peut-être que c'est pas bien, mais moi je vois le foot comme ça.

«Premièrement, il faut mettre le ballon par terre et jouer simple. J'aime pas le kick and run, j'aime pas quand nos joueurs commencent à balancer des ballons partout, a décrit Grande. On enseigne aussi aux jeunes comment se placer sur le terrain, en ce sens qu'on n'est pas trop loin, ni trop proche l'un de l'autre. Comment créer des angles de passe, jouer vers l'avant vite. Attaquer en incluant l'arrière droit ou gauche à chaque phase de jeu offensive. Quand on n'a pas le ballon, c'est sûr qu'on veut presser, mais on aime redescendre – un peu comme les équipes italiennes, on attend l'adversaire dans notre moitié du terrain, on les laisse jouer un peu et après on presse.»
Grande se dit fier des titres remportés à la Coupe du Québec, mais aussi des louanges qu'il a entendues à propos de ses équipes pendant le tournoi, qui était disputé à Laval.

«Les gens remarquaient que nos équipes jouent de la même façon. Ils ont vu qu'il y a vraiment une façon de jouer, une pensée derrière ça», a indiqué Grande, qui a aussi eu droit à des éloges du genre de le part d'entraîneurs italiens quand les Étoiles de l'Est sont allés disputer des matchs là-bas.

Grande est par ailleurs extrêmement fier de l'esprit de famille qu'il y a au sein du club.
«Quand notre équipe U-16 a gagné dimanche, des joueurs des autres équipes du club ont sauté sur le terrain pour féliciter les gars. Et durant le match des U-15, il y avait des joueurs U-8, U-9 et U-10 qui étaient là pour les regarder jouer. C'est devenu quelque chose de normal pour les petits de venir voir les matchs des plus grands. »

UNE 'VICTOIRE' NOMMÉE VINCENT LAMY

Aux yeux de Grande, le fait qu'un joueur des Étoiles de l'Est, Vincent Lamy, évolue présentement en Italie avec l'équipe U-17 d'Alessandria Calcio, un club de troisième division, est tout aussi valorisant pour son club, sinon plus que la conquête de la Coupe du Québec.

«Ça, pour nous, c'est une victoire pour notre club, a-t-il souligné. J'ai bien expliqué aux membres du conseil d'administration quand je suis arrivé, au président, à tout le monde que les victoires sur le terrain, ce n'est pas la chose la plus importante. Une victoire pour nous, c'est combien de joueurs on peut envoyer aux Équipes du Québec, à l'équipe nationale; combien de joueurs on peut envoyer en Europe, à l'Impact, aux États-Unis pour prendre des bourses d'étude…

«Le développement, ce n'est pas le score de 3-2 à la fin du match. C'est plutôt : est-on en train de créer un chemin pour nos jeunes? Si oui, alors ça veut dire que nos jeunes vont progresser, ils vont aller quelque part.

«Il faut faire tout pour permettre à nos joueurs de progresser et de se développer, a ajouté Grande. Et si on développe des joueurs, on va gagner à la fin. Ici au Canada, malheureusement, on a la formule à l'envers. On se dit que si on gagne, on développe (des joueurs). Mais c'est pas ça. C'est plutôt : si on développe, on va gagner à la fin. Mais le développement, ça prend beaucoup de temps et on n'est pas patient au Canada.

«On fait tout ça pourquoi? Moi, je fais ça pour faire progresser le foot au Canada, pas le foot aux Étoiles de l'Est. Si tout le monde travaille juste pour soi, qu'est-ce qui va se passer? Les jeunes vont aller nulle part. Mais si on prend pour but que les Étoiles de l'Est, Panellinios, St-Léonard, Chomedey, Fabrose, on travaille tous pour l'équipe nationale, c'est une autre mentalité. Partout dans le monde, c'est ça qu'ils font. En Belgique, les clubs travaillent tous dans le même but et là, on voit que leur programme national, 10 ans plus tard, est un des meilleurs au monde.»

Lamy aurait pu se retrouver avec l'Académie de l'Impact – à l'instar de deux joueurs U-16 des Étoiles de l'Est qui ont fait le transfert récemment — mais le Sherbrookois d'origine a choisi l'aventure européenne, en se disant qu'il pourrait toujours revenir au Québec éventuellement, a fait savoir Grande.

«Les gens en Italie m'ont dit que Vincent fait très bien depuis qu'il est là-bas», a affirmé l'ancien porte-couleurs de la sélection canadienne, qui convient évidemment que l'apprentissage de Lamy sera accéléré de beaucoup en évoluant en Italie. «Pendant que nous, on a affronté Panellinios en fin de semaine, Vincent jouait un match contre Inter Milan. Il n'y a pas de comparaison!

«Panellinios est une bonne équipe, mais peut-être que la semaine suivante, on ne joue pas contre un club qui est aussi bon. Là-bas, Vincent va jouer semaine après semaine contre des équipes qui veulent toujours faire des bonnes choses sur le terrain, et pas seulement du kick and run.

«Même si les Étoiles de l'Est avaient une équipe pro, j'aurais envoyé Vincent en Italie. Parce que c'est mieux pour lui, a ajouté Grande. Je suis peut-être un bon entraîneur ici (dans le contexte canadien) mais là-bas, en Italie, je serais probablement considéré comme un entraîneur qui n'est pas si bon que ça.»